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LE CARNAVAL DODO AU BURKINA FASO ET A SAPONE

jeudi 6 juillet 2017, par Les Amis du Musée et du conservatoire botanique de Saponé

Le Dodo, terme d’origine haoussa, signifie « monstre » ou « quelque chose de bizarre ». Le Dodo est né d’une légende originaire du Nigéria. en pays haoussa.

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On raconte que vers Ie 17’ siècle, un vendredi pendant la période du Ramadan, un homme décida d’aller chasser. bien que le Coran interdise la chasse ce jour-là. Il tua un animal et, en guise de punition, fut alors transformé en un être hybride, homme à tête d’animal. Les membres de son village.

Lorsqu’ils le trouvèrent, ils furent effrayés et consternés par son aspect repoussant. Cependant ils le ramenèrent parmi eux et, espérant obtenir la clémence de leur dieu, le promenèrent tous les soirs de concession en concession. Le rite fut alors repris à chaque période de Ramadan.

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C’est vers 1800 que les commerçants Haoussa introduisirent cette tradition sur le territoire du Burkina Faso actuel. Ainsi, pendant la durée du Ramadan, les jeunes gens prirent I’ habitude de se grimer en Dodo, avec un masque représentant un animal, pour implorer la mansuétude d’Allah. Ces déambulations de cour en cour étaient accompagnées de joueurs de tam-tam et d’autres musiciens qui ponctuaient les pas du Dodo. Le tempo lancinant et répétitif (le cette musique imite le rythme d’animaux lors de leurs déplacements.

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Parallèlement à cette tradition qui se déroule encore spontanément dans les quartiers de Ouagadougou, le Carnaval du Dodo de Ouagadougou fut initié en 1972. sous la houlette du directeur de la Culture. Depuis 1989, cette manifestation est gérée par l’Association des Troupes Dodo du Kadiogo.

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Un règlement des troupes Dodo et du Carnaval a été élaboré depuis lors : — La composition des habillements et des masques : dès 1998, l’usage des mousses et autres matériaux synthétiques, qui dénaturaient l’aspect traditionnel. a été limité à certaines parties des costumes (cou de girafe, par exemple). au bénéfice des matériaux naturels : calebasses, fibres végétales, bois sculpté. etc. — Le nombre des éléments de la troupe qui peuvent évoluer en même temps lors d’une prestation : en 1972, il était de 30. La popularité et le succès de ces troupes les ont conduites à voyager dans le pays mais aussi à l’étranger. Afin de faciliter ces déplacements, à partir de 1989. ce nombre a été ramené à 18, qui est l’effectif actuellement admis. — Les pas de danse : les danseurs peuvent pratiquer des pas de danses traditionnelles. mais les pas typiquement « Dodo » doivent être majoritaires dans la chorégraphie. Les troupes défilent dans les rues de la ville et la fête se termine sur la scène de la Maison du Peuple. Mais auparavant, selon le nombre de troupes qui se présentent, les éliminatoires se déroulent sur un ou deux jours. Sept troupes sont sélectionnées et, à l’issue du Carnaval, cinq seront primées. Les critères retenus pour la notation par le jury : la mise en scène, la chorégraphie, l’exécution des pas de danse, la musique, le chant, la créativité dans la réalisation des costumes.

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C’est au niveau de chaque quartier que les jeunes gens se retrouvent pour constituer leur ensemble Dodo. Depuis le partage administratif de la capitale en secteurs regroupant plusieurs quartiers, les troupes sont dénommées par le numéro de leur secteur.

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La troupe est constituée comme suit : Quatre ou cinq musiciens jouant le plus souvent du lounga (tambour d’aisselle) et du bendré, mais aussi de la flûte ou (les castagnettes (métalliques). — Six à huit danseurs, qui portent un masque d’animal et tiennent dans chaque main un long bâton en guise de pattes. — Divers animaux et c’est là que la créativité et l’ingéniosité sont de mise pour les rendre le plus attractifs : le singe. très prisé pour son caractère impétueux et comique, le lion, la girafe. les oiseaux, etc. Certains animaux. comme les quadrupèdes, nécessitent la présence de deux personnes sous le même déguisement. Dans ce cas, ils ne sont comptés que pour un. Le nombre des animaux peut faire dépasser l’effectif admis sur scène. Aussi, lors de la représentation, ils apparaissent à tour de rôle afin de ne pas excéder le nombre de dix-huit acteurs autorisés, ce qui entraînerait la disqualification.

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Les membres de la troupe fabriquent eux-mêmes l’habillement des musiciens, les masques des danseurs et les déguisements des animaux. Bien que la légende à l’origine du Dodo soit liée au Ramadan, cette coutume regroupe des jeunes gens de toutes les confessions. Encore un exemple qui montre que la cohabitation inter-religieuse est possible !

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