Accueil du site > Associations > CCFD - Terre Solidaire : Comité Catholique contre la Faim et pour le (...) > Agriculture et agroalimentaire breton : il faut changer de direction

Agriculture et agroalimentaire breton : il faut changer de direction

jeudi 21 novembre 2013, par CCFD - Terre Solidaire 29

Face à la situation dramatique de bon nombre de personnes aujourd’hui en Bretagne dans l’agriculture et dans l’industrie agroalimentaire, compte tenu de l’état de crise larvée ou déclarée dans ces secteurs, et au regard des manifestations et des déclarations au cours des semaines passées et à venir, le « Collectif 29 pour la Souveraineté Alimentaire dans les pays du Sud et en Europe » a souhaité s’exprimer, le 11 novembre dernier, pour replacer ces difficultés dans un contexte plus large.

Ce Collectif 29 pour la Souveraineté Alimentaire est composé de 13 associations rassemblant des organisations paysannes, des associations de solidarité internationale et de la société civile. Il s’agit de Peuples Solidaires, du C.C.F.D.-Terre Solidaire, du C.M.R. (Chrétiens en Monde Rural), de la Confédération Paysanne, de la Maison de l’Agriculture Bio, de Ti ar Bed, d’Attac 29, de Kaol Kozh, du CIVAM, de Biocoops du Finistère, du CICODES, d’Afrique Verte Pen ar Bed et de Bro an Are.

Voici ce qu’ils déclarent :

« Notre modèle breton de production hors sol développé dans les années 1970 et « boosté » par des subventions est à bout de souffle. Certes il aura apporté dynamisme et richesses à notre région et à une partie de la population. Mais aussi, hélas, beaucoup de désillusions et de « casse » humaine. Nous pensons d’abord aux salariés et aux agriculteurs victimes de la crise actuelle. Ce n’est que la partie visible de l’iceberg : en 40 ans la Bretagne a perdu 100 000 actifs dans la production agricole, et aujourd’hui encore la concentration des exploitations et des élevages, liée à ce modèle, entraîne la disparition d’un millier de paysans chaque année. Nous connaissons les dégâts environnementaux considérables qu’ont provoqués les excès de notre agriculture, nous connaissons aussi les dégâts énormes qu’a infligés aux paysans du Sud notre politique exportatrice. Sans parler des conséquences de nos importations de soja sur les petits paysans privés de leur terre en Amérique du Sud. La mondialisation et le libre-échange profitent à une minorité mais entraînent la dérégulation et la casse sociale pour le plus grand nombre. Quelles solutions ici, si en Allemagne les abattoirs tournent avec des salaires de 400 euros et si l’Union Européenne laisse faire ? Aujourd’hui tous les acteurs de la région (économiques, politiques, syndicats, et autres acteurs de la société civile) doivent utiliser leur dynamisme et leur créativité pour construire un nouveau développement pour la région, et non pour maintenir à tout prix le système en place. Actuellement la Bretagne est championne dans la production de gros volumes de produits animaux à faible valeur ajoutée ; elle doit devenir championne de la qualité et de la valeur ajoutée tout en renouant avec de bonnes pratiques agronomiques et environnementales, en développant une agriculture paysanne, la production bio et les circuits courts : des systèmes économes en intrants mais nécessitant plus de travail, donc d’emplois. La Région doit promouvoir et accompagner ces mutations. Nous devons viser en priorité le marché européen (le premier marché solvable au monde) et veiller à ne pas déstabiliser les paysans du Sud en exportant hors de l’Union Européenne nos productions soutenues par la P.A.C., la Politique Agricole Commune » (fin de citation)

Ce texte du Collectif 29 pour la Souveraineté Alimentaire se situe sur un autre plan que celui qui consiste à défendre bec et ongle, fût-ce à coup de subventions, un modèle qui a donné et donne encore les résultats que nous voyons. Il méritait d’être retenu et diffusé.

Les membres du Collectif 29 pour la Souveraineté Alimentaire :

C.C.F.D.-Terre Solidaire

Peuples Solidaires

Ti ar Bed