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Se former à la microfinance

dimanche 6 mai 2012, par Diégo Développement

Se former dans le secteur de la microfinance

L’association brestoise DIEGO DEVELOPPEMENT a eu l’occasion sur SOLINTER de présenter le micro crédit et les bénéficiaires du micro crédit.

Il nous a été demandé d’expliquer comment une association peut créer une agence de micro crédit et comment on fait pour la faire fonctionner.

La connaissance pratique de la micro finance, condition de réussite du projet, est souvent méconnue.

S’informer sur le secteur de la microfinance semble difficile sauf à l’occasion de conférences d’illustres acteurs d’organismes internationaux ou en lisant sur Internet le récit de rencontres internationales de chefs d’états avec des représentants de grandes ONG. Le sujet apparait soit comme un domaine de spécialistes interdit aux profanes, soit comme la chasse gardée de grandes organisations en lien avec des gouvernements

Cet article a pour objet de montrer que mettre en place une petite structure de micro finance est accessible pour tous ceux qui veulent aider les habitants des pays en voie de développement.

Par contre nous voulons aussi montrer que ce n’est pas simple, qu’il existe des écueils, et qu’il faut impérativement connaître quelques règles pour pouvoir perdurer.

Car intervenir dans un domaine, dans celui de la micro finance comme dans d’autres, c’est d’abord en maîtriser les principes.

Mais avant de s’intéresser aux techniques, il faut rappeler que le micro crédit est un instrument de développement économique.

Sa finalité c’est la lutte contre la pauvreté.

Les personnes pauvres, dans les pays en développement sont d’abord des personnes qui ne mangent pas suffisamment, qui n’ont pas accès aux soins de santé, ni à l’éducation de base.

Le but des Institutions de microfinance est d’accompagner et de soutenir ces personnes pauvres afin de leur permettre de créer une activité qui sera génératrice de revenus.

On voit déjà que les Institutions de microfinance (IMF) qui distribuent le micro crédit ne sont surtout pas des banques. Et il faut condamner les dérives de certains organismes de micro crédit très actifs sur les segments les plus rentables de la microfinance qui ne voient dans le micro crédit qu’une activité lucrative.

La définition donnée par la Loi française nº 2001-420 du 15 mai 2001, bien qu’adaptée au contexte français est conforme à la pratique : « Les organismes de micro finance sont des associations sans but lucratif faisant des prêts pour la création et le développement d’entreprises par des chômeurs ou titulaires des minima sociaux sur ressources propres et sur emprunts contractés auprès d’établissements de crédit. »

La microfinance a été conçue comme un outil de développement. Son objectif prioritaire est d’assister ses clients pour sortir de la pauvreté.

Le crédit est accompagné d’une formation

Les IMF vont former les bénéficiaires des prêts, en particulier avant l’octroi du tout premier prêt. Compte tenu des difficultés pour de nombreux emprunteurs souvent analphabètes ou ayant été très peu scolarisés, les IMF ont des programmes spécifiques pour effectuer la formation à la gestion de la micro-entreprise. Ils expliquent aussi les mécanismes du remboursement du prêt et les cycles de crédit. Pour l’IMF les actions de formation ont l’objectif de mobiliser et de développer les ressources des emprunteurs afin de leur donner le moyen d’utiliser l’argent à bon escient pour la création d’une activité qui sera génératrice de revenus. Souvent les ONG disposant d’un volet micro crédit ajoutent des formations complémentaires du type éducation a la planification familiale, hygiène ou encore nutrition.

Les techniques financières :

Pour autant, une ONG voulant mettre en place une agence de microcrédit a besoin de bénévoles (ou de salariés) qualifiés et compétents capables de gérer les programmes de façon professionnelle. Faire un prêt à une personne pauvre est certainement aisé mais il est beaucoup plus complexe de lui donner le moyen d’exercer une activité génératrice de revenus. L’agence de micro crédit n’ayant pas de ressources infinies il faut aussi que l’emprunteur rembourse son prêt selon un calendrier fixé à l’avance afin de pouvoir à nouveau prêter cet argent à d’autres emprunteurs. Enfin il est peu probable que les bénévoles pourront exercer toutes les activités d’une agence de microfinance, et il faudra donc embaucher des salariés. Les salaires et le coût des loyers sont payés grâce aux intérêts perçus, afin de ne pas dégrader le fonds de crédit.

Les formations adaptées :

Il est donc fondamental pour les membres des associations désirant faire du micro crédit de suivre une formation pour acquérir les connaissances pour l’établissement d’une agence pour l’instruction du dossier d’agrément, pour la gestion de coopérative et le traitement comptable des opérations. Aux fonctions stratégiques (choix d’implantation, de clientèle…) s’associent nécessairement des tâches importantes et diversifiés de gestion administrative, (suivi des mises en place, suivi des prêts, suivi des retards…). Il faut maitriser l’étude du risque en secteur informel, l’audit et le contrôle, la comptabilité de l’IMF, les placements et refinancements et bien d’autres thèmes techniques.

La Fédération Diego développement a créé une école de la microfinance pour animer, des sessions de sensibilisation, de vulgarisation et de formation relatives à la réglementation spécifique aux IMF.

Pour tous renseignements : contact@ecole-de-la-microfinance.com Notre site : http://www.ecole-de-la-microfinance.com/

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2 Messages de forum

  • Se former à la microfinance Le 15 mai 2012 à 16:41, par Victor

    je suis tout à fait d’accord avec cet article. les IMF qui font la course vers la rentabilité excessive sans trop se soucier de l’aspect social sont en contradiction avec la philosophie même des coopératives. Cependant il faut bien dégager des produits capables de couvrir les charges et faire un surplus afin de renforcer les amortisseurs systémiques de l’IMF. De nos jours les impayés risques d’emporter nos institutions de microfinance surtout qu’en Afrique elles tarvaillent avec le secteur informel. Alors ma question est de savoir comment mieux apprécier le risque lié au secteur informel ?

  • Se former à la microfinance Le 15 mai 2012 à 17:58, par Michel HAMON

    Le secteur informel est composé de multiples très petites activités exercées souvent par une personne seule voire en famille.Il n’y a pas de start up dans le secteur informel mais plutôt des micro activités qui progressent extrêmement lentement.

    Très rapidement on peut donner quelques règles pour l’étude du risque en secteur informel qui porte beaucoup sur la connaissance de la personne.

    Les prêts peuvent être octroyés prioritairement aux personnes ayant déjà bénéficié d’un précédent prêt pour lequel il n’y a pas eu de difficulté ou d’incident dans le remboursement.

    Certaines activités économiques sont recensées comme à risque et donc sont exclues totalement de candidature.

    Les prêts ne peuvent être consentis qu’à des personnes exerçant déjà le métier et non à des nouveaux venus dans l’activité.

    L’agent de crédit demande à vérifier l’éventuelle épargne du demandeur que se soit en espèces ou sous la forme de bijoux. Et note cette information, même s’il ne s’agit pas d’une garantie, il s’agit d’une indication sur le souci d’épargne et donc sur la bonne gestion.

    Les prêts seront consentis aux seules personnes des quartiers ciblés : l’éloignement géographique de l’emprunteur pourrait le dissuader de venir procéder au remboursement de la fraction échue chaque lundi à l’agence de l’organisme local de micro crédit.

    Pour plus d’informations : http://www.diego-developpement.org