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Trois militantes kurdes assassinées : un attentat contre la paix

mercredi 16 janvier 2013

Qui a osé assassiner Rojbin ? Il n’y a pas de mots pour exprimer notre chagrin et notre colère devant ce geste absurde et abominable.

Rojbin (Fidan Dogan), c’était un véritable soleil qui rayonnait au-delà de la communauté kurde.

Née il y a 28 ans dans la région kurde alevie de Maras (Turquie), elle est arrivée en France avec sa famille alors qu’elle était encore une petite fille et c’est donc avec cette double culture qu’elle a grandi. Très jeune, elle est devenue une militante passionnée de la cause kurde pour la défense des droits du peuple kurde.

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Figure emblématique de la jeune femme kurde, moderne, luttant contre l’oppression turque mais aussi contre "l’oppression féodale", l’enfermement des femmes dans un état de soumission face à l’autorité machiste et patriarcale, Rojbin était pour cette cause aussi, une avocate souriante mais ferme, et totalement engagée. Sa force de conviction était la seule arme qu’elle savait manier avec élégance et efficacité.

Rojbin était une personnalité qui, en tant que directrice du Centre d’Information du Kurdistan (CIK), était une véritable ambassadrice des Kurdes et un relais utile auprès de tout le mouvement associatif, de la presse, des personnalités politiques et des cabinets ministériels. C’est sans doute l’un des motifs de ce meurtre : il fallait faire taire cette voix qu’on pouvait difficilement taxer de "terroriste".

C’était notre amie à tous.

Elle nous manque déjà.

André Métayer

Le commanditaire est connu

Le commanditaire de ce geste inqualifiable exécuté par des professionnels du crime ne fait aucun doute : il s’est désigné lui-même en se défaussant, dès les premières heures, sur un prétendu règlement de comptes entre Kurdes. L’Etat turc est coutumier du fait de mentir avec aplomb. Nous en apportons les preuves à longueur de colonnes. Nous ne sommes pas étonnés non plus qu’il commandite cet assassinat au moment où il ouvre, semble-t-il, des négociations avec Abdullah Öcalan, le Président du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) : ce ne serait pas la première fois que le dictateur en puissance, le Premier ministre turc R.T. Erdogan, jouerait double jeu.

Manuel Valls, Ministre de l’intérieur, a qualifié d’insupportable l’assassinat de ces trois militantes kurdes après s’être rendu sur les lieux dès le début de la matinée.